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La Nouvelle R�publique du centre-ouest
Dans la peau d'une profane
Ce
6e festival nous a mis une bonne claque. Apr�s deux soirs de folie
cordesque, les t�tes ronronnent encore. De guitares forc�ment mais
aussi de violon, mandoline et r�pe � fromage. Un bonheur !
Ce
samedi soir, on se frotte les mains � la chapelle Saint-Jacques. Le
fond de l�air est frais et on esp�re bien se r�chauffer avec une
programmation du tonnerre. Anna Tanvir et Patrice Arnould se lancent
les premiers. L�Anglaise � la harpe, le Fran�ais � la guitare et au
pandore. Ils viennent d�une autre �poque. Habits de troubadours. Leurs
balades bercent l�assistance. On se r�veille un peu sur la chanson �
Les dames du temps jadis �. C��tait gentillet.
S�en
suit Nora Buschmann, l�Allemande. Longue jupe rouge, longues mains.
Elle tient sa guitare comme un b�b� qu�elle cajole, chatouille, gigote.
La guitare au f�minin. S�ductrice. Sa prestation est �poustouflante.
Les doigts courent, courent sur les fils. Fluides. Agiles. Elle jongle
entre classique, latino-am�ricain et jazz. Elle sait tout faire. Elle
est seule et pourtant on entendrait parfois les roulements de deux
guitares. Les bravos fusent. Le public est subjugu�. Biss�e, elle
reviendra deux fois.
Recovecooooooo !!!
L�entracte
semble un peu long. Il nous tarde d�entendre les cinq de Recoveco�
Bient�t, un violon tremble. Mandoline, guitarron, guitare et maracas
r�pondent. C�est parti !
Ils ont le sourire large. Le m�me
costume fonc� � la chemise ambre, adapt�e selon la personnalit� de
chacun. Deux ont gard� la veste. Longue pour l�un, courte pour l�autre.
Les autres l�ont �vinc�e. Le percussionniste porte sa chemise sur le
pantalon. Ils ont tous le m�me talent mais leur propre mani�re de faire
vivre l�instrument.
�a cr�pite, �a grimace, �a gratte,
gratte, gratte� Les r�pes � fromage s��clatent, les maracas
s�embrasent, les ouvre-bo�tes mart�lent. Le violon se tortille, les
autres exultent. On se laisse emporter par cette tornade des Cara�bes
avec d�lice. Plus rien ne compte. Seule la folie des cordes et des
cordes vocales. Il y a des valses br�siliennes � la sauce colombienne
et v�n�zu�lienne. Des s�r�nades et d�autres � envolades � ensoleill�es.
C�est tant�t enlev�. Parfois langoureux pour mieux revenir en fanfare.
Le final est sublime. On pense que les instruments ne vont pas tenir le
coup, entre ces cinquantes doigts fous. C��tait pour mieux nous s�duire
, mes enfants�
Quels talents pris en pleine face ! OK, Cristobal, t�es un as de la programation�
Anne-Ga�lle ROUAULT
Les cahiers de la guitare, 4e trimestre 2001, page 13
Vend�me sur Loir
Il
aura fallu tr�s peu de temps pour que le festival de Vend�me (41)
s'impose comme l'un des �v�nements majeurs de la guitare en France. En
cinq ann�es seulement, les nombreux b�n�voles de l'association Guitares
au gr� du Loir ont r�ussi � donner � leur festival une coloration
particuli�re, alliant diversit�, haute valeur et qualit�.
A 42
minutes de Paris par TGV, dans cette charmante petite ville empreinte
du souvenir de Ronsard et Balzac, � proximit� des ch�teaux de la Loire,
ces passionn�s vend�mois de la guitare s'�vertuent � accueillir tr�s
chaleureusement aussi bien les artistes que le public. Ils leur offrent
notamment la possibilit� de se rencontrer devant divers stands tels que
l'exposition du luthier tourangeau Alain Raifort (meilleur ouvrier de
France 2000), les ventes de disques et partitions, l'artisanat
d'Am�rique latine ou le bar et les p�tisseries "maison". Le public ne
s'y trompe pas, venant toujours plus nombreux d'une ann�e sur l'autre,
de toutes les r�gions fran�aises ainsi que de l'�tranger. En ces 27 et
28 avril, on a m�me pu reconna�tre parmi les spectateurs: le luthier
argentin Estrada Gomez, un reporter de Genda� guitar magazine de Tokyo
et quelques grandes figures de la guitare. En attendant la construction
d'une nouvelle salle de spectacle, cette manifestation, qui re�oit le
soutien de la ville de Vend�me, du conseil g�n�ral de Loir et Cher et
de la Guitarreria de Paris, a d� se d�centraliser dans la salle des
sports de Naveil, commune de la banlieue vend�moise. Pour l'occasion,
le gymnase a �t� m�tamorphos� en salle de concert, recevant un d�cor,
des lumi�res et surtout une sonorisation impeccables. Le premier invit�
guitariste, le japonais Minoru INAGAKI, n'avait pas �t� programm� en
France depuis plus de dix ans. Il a �t� une v�ritable d�couverte pour
de nombreux amateurs de classique, nous montrant une technique tr�s
pure aussi bien dans le r�pertoire du japon que dans l'europ�en (grec,
fran�ais, espagnol).
Apr�s le pays du soleil levant, la travers�e de l'oc�an pacifique nous
a emmen�s au pays natal de Crist�bal PAZMI�O, cr�ateur du festival.
Tr�s heureux de se produire devant son public et ses amis, il a su
parfaitement, � travers sa guitare, nous faire respirer l'air de
l'Equateur. Crist�bal a interpr�t� quelques oeuvres du r�pertoire
traditionnel de la Cordill�re des Andes, qui sont des arrangements
personnels: Albazo, Pasillo, Sanjuanito, Cumbia et Valse. Il nous a
�galement offert une de ces nouvelles compositions: Churos.
Le plus vend�mois des �quatoriens a ensuite c�d� sa place � un de ses
voisins sud-am�ricain, l'argentin Ricardo MOYANO. Compositeur,
arrangeur, surdou� dans tous les styles, il a d�montr� un sens de
l'improvisation proche des grands du jazz. Sa musique est un savoureux
m�lange de culture sud-am�ricaine, europ�enne et orientale: tr�s jeune,
il a v�cu et jou� en Espagne ainsi qu'en France, il habite depuis
quelques ann�es en Turquie o� il enseigne la guitare. Ricardo a surpris
par sa fa�on tr�s personnelle et originale d'interpr�ter son programme
sans aucune interruption.
Enfin, les spectateurs du premier soir se sont r�gal�s du flamenco de
l'espagnol YERBITA. D�s les premi�res mesures il a su recr�er
l'ambiance des chaudes nuits "flamencas" d'Andalousie. Les nombreux
amateurs de flamenco ont appr�ci� sa tr�s belle sonorit� et sa
poignante interpr�tation des airs traditionnels. Cette premi�re soir�e
s'est achev�e sur un moment magique lorsqu'un spectateur anonyme est
mont� sur sc�ne aux c�t�s de Yerbita et nous a offert quelques chants
du programme de l'espagnol, magistralement interpr�t�s: le flamenco le
plus pur, � l'�tat brut !
D�s le d�but de la deuxi�me soir�e, c'est un d�paysement total qui a
accueilli le public, toujours aussi nombreux. Le turc B�kir K���KAY,
professeur de guitare � l'universit� d'Istanbul, a jou� ses propres
compositions d'inspiration traditionnelle turque. On a alors pu
d�couvrir une musique in�dite � la guitare, plut�t moderne et d'une
grande richesse harmonique. B�kir K���kay s'est r�v�l� �tre un
guitariste virtuose et tr�s attachant.
La guitare classique a ensuite atteint des sommets avec le r�cital de
Rapha�lla SMITS. La jeune belge a fait preuve, sur sa guitare � huit
cordes, d'une tr�s grande musicalit� et d'une grande sensibilit�.
Entretenant des liens particuliers avec l'Espagne et l'Am�rique du sud,
elle a fait appr�cier � tous des oeuvres d'Antonio Jimenez Manjon,
Turina et Manuel de Falla. Son programme a paru trop court, tant
l'aisance de ses gestes techniques et sa pr�sence sur sc�ne ont captiv�
le public. Rapha�lla Smits a fait l'unanimit�.
La guitare est une tradition argentine, pays qui compte nombre de
grands guitaristes. L'un d'eux, Juan FALU, qui terminait sa tourn�e
europ�enne, a d�montr� qu'il fait partie des plus extraordinaires. Il a
interpr�t� ses propres compositions pleines de couleurs, de gaiet� et
de vie. Tout para�t simple dans son jeu tr�s fin, d'une grande
puissance et d'une belle puret� acoustique. Juan Falu �tait bien
"Maestro del alma" dans son interpr�tation, mais aussi avec sa voix en
chantant deux magnifiques chansons. L� encore, on aurait voulu que cela
dure plus longtemps.
La cl�ture du festival �tait confi�e � Patrick Saussois, accompagn� de
Jean-Claude BENETEAU � la contrebasse et de S�bastien REGRENY � la
guitare. Une curiosit�, Patrick Saussois est gaucher mais joue sur une
guitare de droitier qu'il retourne simplement, sans inverser les cordes
! Ce sympathique trio de jazz-gitan a fait swinguer la salle sur un
rythme d'enfer. Il a fait r�sonner des airs de sa composition mais
aussi des classiques du genre, comme Django's teiger (Django Reinhardt)
ou des traditionnels tels que les yeux noirs. Les spectateurs, pr�ts �
danser, les ont rappel�s plusieurs fois !
Juan Falu a qualifi� le festival de "plus beau festival du monde, apr�s
celui de Buenos-Aires bien s�r !" et Yerbita a ressenti "une h�morragie
de satisfaction" � jouer sur la sc�ne vend�moise. Nul doute que la 6�me
�dition, les 12 et 13 avril 2002, sera � la hauteur des pr�c�dentes!
Classical Guitar, September 2001
Article paru pages 53-54
Classical Guitar, July 2000
III Festival International de Guitare, Vend�me
With
the river Loire running through it, Vend�me sits in a particularly
beautiful region of France.Two hours south-west from Paris, this
picturesque hometown of the great 19th-century novelist Balzac has
gained, from the two previous and successful festivals organised by
Cristobal Pazmi�o, a deservedly high reputation.
(...)
The
line-up for the festival was colourful. Master musicians from Argentina
: Jorge Cardoso and Liliana Rodriguez ; Juan Falu and Hilda Herrera ;
Rudi and Nini Flores ; from Spain, flamenco artits Pedro Soler and Pepe
de Granada, alongside Gypsy jazz giants ; the Rapha�l Fays Trio ; the
classical duo of Michel Gendre and Jean Pierre Allard ; Celtic
guitarist Soig Siberil ; myself ans jazz guitarist Stuart Balgden.
(...)
So,
a festival I will remerber for a long time, and most notable for its
diversity and desire to put accross real music making. Hats off to
wonderful hosts Cristobal ans Sonia Pazmi�o for creating this event.
Tim Panting