Cristobal, guitariste jusqu'au bout des doigts

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La guitare, Cristobal Pazmiño est tombé dedans quasiment à la naissance. Dernier d'une fratrie de treize enfants, il baigne dans un univers musical. « Chez nous, tout le monde jouait ou chantait pour le plaisir, d'autant que mon père, enseignant, était un vrai amoureux des voyages et de la musique… sauf quand j'ai renoncé au métier d'architecte qu'il envisageait pour moi », précise Cristobal.

En fait, Cristobal est lié à la musique depuis son enfance quand, dès l'âge de 12 ans, il rejoint une troupe de musique populaire pour animer des bals dans sa ville natale à Riobamba, en Équateur, au cœur de la Cordillère des Andes.
En 1976, âgé de 18 ans, il débarque à Paris où est installé un de ses frères pour les fameuses études… d'architecte. « J'ai commencé, mais j'ai très vite compris que ce n'était pas vraiment pas ma voie. Et c'est par hasard qu'un jour je suis passé devant un immeuble d'où sortaient des accords de guitare. C'était la Schola Cantorum de la rue Saint-Jacques, une des plus vieilles et prestigieuses écoles privées. Mais je n'en savais rien… Je n'avais aucune technique, ne connaissais rien au solfège. Tout en jouant dans des bars pour pouvoir payer mes cours, pendant trois ans, il m'a fallu travailler très sérieusement pour ensuite prétendre entrer dans un des cinq conservatoires nationaux de région. Finalement, c'est à Saint-Maur-des-Fossés, en Val-de-Marne que j'ai été admis pour cinq années d'études… Avec la Schola, j'avais eu la chance de suivre une masterclass à Nice animée par Alexandre Lagoya, puis de rencontrer un guitariste argentin, Jorge Cardoso, qui m'a sollicité pour jouer dans des festivals. Ainsi, en 1992, pour la première fois, j'assurais une première partie de concert. »

" Il faut avoir une tronche d'Indien pour sentir l'âme latino "

Et voilà Cristobal Pazmiño dans le circuit des festivals qu'il n'a toujours pas quitté, d'autant que le gouvernement équatorien le nomma pour trois ans ambassadeur culturel équatorien pour jouer en solo dans les capitales du monde. « J'ai joué à travers le monde toujours pour faire connaître la musique populaire latino-américaine et surtout celle de l'Équateur, celle de mon pays où je suis enfin retourné. La musique équatorienne, la seule que j'interprète, tout simplement parce qu'il faut une tronche d'Indien pour ressentir toutes les nuances de l'âme équatorienne ! »

C'est en 1993 que Cristobal décide de quitter Paris. « Après un concert à Tours, je suis passé par Vendôme et ça a été le coup de cœur. Restait à trouver un lieu pour implanter la société de production et de distribution de disques d'Amérique latine que je lançais avec mon épouse, tout en donnant quelques cours. On s'est d'abord installé rue Poterie, avant de trouver une maison plus grande et ce fut en 1998, celle du faubourg Chartrain où nous sommes toujours. Mais en 1996, face à l'engouement des élèves, à quatre personnes, on a décidé de créer une association – Guitares au gré du Loir – notamment pour organiser un concert à la chapelle Saint-Jacques. Quatre mois plus tard, nous étions 80 adhérents et le festival était sur rail. L'année suivante, on a vu plus grand avec trois soirées aux Greniers de l'abbaye qu'on avait baptisé Les rencontres internationales de guitare, qui réunissaient une guitariste brésilienne, un guitariste argentin et un quartet français. Et, en 1998, on était au palais des Fêtes pour deux soirées… »

Source : La NR : Édith Van Cutsem